Robert Riblet, un sexagénaire métropolitain, a déposé plainte pour “suspicion de trucage” contre la Française des Jeux


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Robert Riblet, un sexagénaire métropolitain, a déposé plainte pour “suspicion de trucage” contre la Française des Jeux. En achetant pour 15 000 euros de tickets de Vegas, il a démontré que les gains n’étaient pas répartis de manière aléatoire et qu’on pouvait tricher. À la Réunion, même si débitants et gratteurs ont conscience qu’il peut y avoir un “truc”, les habitudes ne changent pas.
  
Derrière son comptoir, face au Jardin de l’État, René Mehong-Shit-Ly valide les tickets de ses clients. “Je pense que c’est surtout une grosse publicité pour la personne qui a porté plainte mais je ne crois pas que ça va aboutir. On ne peut pas parler de magouille mais peut-être de chance orientée. Dans le sens où on répartit les gains sur un ensemble de carnet, pour que les gains soient réguliers. Car si on laisse faire de manière aléatoire, tous les lots peuvent se retrouver dans le même carnet. Après, est-ce que c’est légal ou pas, ça, c’est autre chose…” Quoi qu’il en soit, Robert Riblet, l’homme qui grattait plus vite que son ombre, est en train de faire des vagues. Avec l’audition par la justice vendredi du PDG de la Française des Jeux, la “petite” affaire prend lentement de l’ampleur.

Le détaillant conseille ses bons clients : Le système que dénonce Robert Riblet est assez simple à comprendre mais pas facile à démontrer. En 2005, ce joueur a acheté pour 15 000 euros de Végas et a tout gratté pour démontrer ce qu’il estime être une magouille. Chaque détaillant de la Française des jeux reçoit des bandes de tickets à gratter d’une valeur totale de 150 euros. Soit 150 jeux à un euro ou 75 jeux à deux euros. Sur une même bande, 50 euros sont redistribués en petites sommes. Ce qui permet de maintenir une pression sur les joueurs. Ensuite, chaque bande comporte ce qu’on appelle un “lot significatif”, compris entre 12 euros et 100 000 euros. Ce système permet d’éviter des erreurs d’imprimerie comme cela a pu se produire en Italie. Plusieurs gros lots se sont retrouvés sur une même bande et les joueurs ont délaissé leurs débitants pour le revendeur chanceux. Mais l’inconvénient du système est qu’il permet également de tricher. Car lorsqu’une bande arrive à sa fin et qu’aucun gros lot n’a été gagné, le détaillant sait que le lot n’est pas loin. Il peut lui-même acheter les tickets qui restent ou les conseiller à ses bons clients. Depuis le début de l’affaire Riblet, la Française des Jeux a proposé la modique somme de 300 000 euros au sexagénaire pour qu’il cesse ses poursuites. Mais le joueur, défendu par Me Collard, réclame deux millions d’euros. Car il y a beaucoup d’argent en jeu. Avec ce système, la chance de gagner un gros lot est de 3 % alors que si la répartition était aléatoire, cette chance serait de 18 %. Soit six fois plus de chances de gagner. Il faut savoir que les Français sont les plus gros joueurs d’Europe et que 75 % des recettes des jeux de grattage vont directement dans les caisses du ministère de l’Économie. En 2006, les jeux de grattage ont rapporté 3,430 milliards d’euros à la Française des Jeux. Mais même si Robert Riblet gagne son procès, le système semble avoir encore de beaux jours devant lui. “C’est la chance qui fait gagner. Et ce procès ne changera rien pour moi. Je garderai mes habitudes” ; explique Marcelle Cazal 47 ans, une habituée du bar-jeux-PMU du jardin de l’État, “Chaque fois que je gratte, je perds. Il y a sûrement un truc. Mais j’ai déjà gagné 221 000 F au loto. Alors, je continue à jouer… et à gratter !”

Source: clicanoo.com

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